
Le dossier
Une opération coordonnée contre la cybercriminalité réunissant des services de 20 pays africains et des États-Unis a conduit à 1 462 arrestations et au recouvrement de plus de 105 millions de dollars, a annoncé Interpol le 22 octobre. Les enquêteurs ont identifié 65 929 victimes et rattaché les activités examinées à des pertes dépassant 385 millions de dollars. [1]
Ces résultats concernent l’opération Serengeti III, menée du 29 juin au 31 août 2026. L’annonce d’octobre présente le bilan de cette période antérieure ; elle ne décrit pas 1 462 arrestations réalisées en une journée. [1]
Remonter les infrastructures
L’opération ciblait les escroqueries en ligne, les rançongiciels, la fraude utilisant les courriels professionnels et l’extorsion numérique. Avant les interventions, les enquêteurs ont reçu des renseignements sur des domaines suspects, des adresses internet et des infrastructures de commande et de contrôle. Interpol fait état de 10 909 réseaux malveillants perturbés. [1]
Team Cymru, l’un des partenaires privés, a confirmé sa participation dans un communiqué distinct. L’entreprise décrit l’analyse des infrastructures comme un moyen de relier des activités à travers plusieurs réseaux et juridictions et de hiérarchiser les cibles d’enquête. Ce témoignage éclaire son rôle ; il ne constitue pas un audit indépendant des totaux financiers. [2]
Des dossiers et des flux distincts
En Ouganda, les autorités ont démantelé deux réseaux présumés de fraude transnationale et arrêté 365 ressortissants étrangers dans des enquêtes sur des escroqueries aux placements et aux retraites visant des personnes en Asie. En Angola, deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies ont été fermés et plus de 2 000 appareils saisis, selon les comptes rendus opérationnels. [1][2]
Ces exemples montrent que l’annonce agrège des enquêtes nationales. Les équipements saisis, les pertes alléguées des investisseurs et les fonds recouvrés correspondent à des événements financiers différents. Ils ne doivent pas être additionnés comme s’ils formaient un seul ensemble d’argent volé.
Recouvrement ne signifie pas restitution
L’annonce ne ventile pas les plus de 105 millions de dollars par pays et ne précise pas combien a été reversé aux victimes. Elle ne démontre pas non plus que chaque dollar recouvré correspond à la même population ou période que l’estimation des pertes supérieure à 385 millions. On ne peut donc pas en déduire un taux fiable de remboursement des victimes. [1]
Les arrestations ont été effectuées par les autorités nationales dans le cadre de leurs lois ; Interpol a assuré la coordination et l’appui aux enquêtes. Plusieurs procédures restent ouvertes. La question décisive est désormais le parcours des fonds dans les procédures nationales et leur éventuelle restitution aux victimes. [1][3]
D’après les publications de: INTERPOL — Opération Serengeti III results, 22 octobre 2026; Team Cymru — statement on its participation, 22 octobre 2026; INTERPOL — Information for journalists; Source de la photo — The National Archives (UK) / Wikimedia Commons — CC BY 3.0; Licence de la photo — CC BY 3.0.
Documents sources
05- INTERPOL — Opération Serengeti III results, 22 octobre 2026interpol.int
- Team Cymru — statement on its participation, 22 octobre 2026team-cymru.com
- INTERPOL — Information for journalistsinterpol.int
- Source de la photo — The National Archives (UK) / Wikimedia Commons — CC BY 3.0commons.wikimedia.org
- Licence de la photo — CC BY 3.0creativecommons.org
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