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SYNTHÈSE D’ENQUÊTER81

La question à 593,7 millions de dollars du dossier Zeren : où sont passées les recettes pétrolières ?

Zeren Holding, connu pour l’acquisition d’Alpet et son projet de rachat de T-Bank, fait l’objet de graves accusations allant d’une créance pétrolière de 593,7 millions de dollars à un échange contesté en Croatie. Aux transferts de fonds imputés à Mustafa Yiğit Zeren s’ajoutent des accusations visant l’avocat Mustafa Doğan İnal : collaboration secrète, divulgation de stratégies juridiques et intervention dans les procédures. L’entreprise rejette ces accusations.

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Bande-annonce de l’enquête

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Bande-annonce de l’enquête de The Ledgers. La vidéo est en anglais.

Collage éditorial de Mustafa Yiğit Zeren, d’un pétrolier illustratif et de Mustafa Doğan İnal
Collage éditorial réalisé avec l’aide de l’IA ; il ne représente pas un événement commun. Le pétrolier est illustratif et n’est pas identifié comme un navire lié au différend.

Le dossier

1. Pétrole d’État russe et crédits documentaires : où sont les 593,7 millions de dollars ?

Les accusations liées aux procédures russes et aux plaintes d’Akida Trading pour Credit Bank of Moscow concernent l’exploitation présumée des sanctions internationales à des fins de profit.

Selon cette version, du brut acheté à Rosneft aurait transité par la Türkiye vers l’Inde pour contourner les restrictions imposées après le début de la guerre en Ukraine. Credit Bank of Moscow aurait financé ce commerce par 593,7 millions de dollars de crédits documentaires. Les récits de l’époque évoquaient un équivalent d’environ 20 milliards de livres turques.

L’accusation concernant les sociétés-écrans et les cryptoactifs est la suivante : des centaines de millions de dollars de recettes dues à la banque auraient été transférées vers des comptes de sociétés à Dubaï. Une grande partie aurait été convertie en cryptoactifs via des portefeuilles hors ligne pour brouiller les pistes, et d’autres fonds répartis sur les comptes personnels de proches parents de Zeren.

2. La plainte d’Akida et le détournement présumé des actifs de Mostrade

Les accusations attribuées à la saisine par Akida Trading Limited du bureau antiterroriste et de lutte contre la criminalité organisée du parquet d’Istanbul portent sur plus de 500 millions de dollars non remboursés et sur des transferts d’actifs à des personnes liées.

Mustafa Yiğit Zeren aurait agi avec l’intention de ne pas rembourser, en vidant Mostrade par des opérations fictives au bénéfice de parents, d’amis et de sociétés-écrans. Les accusateurs présentent ces liens comme les indices d’une structure criminelle organisée.

Un autre grief concerne le capital : celui de Zeren Group serait passé en un an d’un milliard à 6,2 milliards de livres turques. Cette multiplication par environ six aurait été financée par les recettes pétrolières russes non remboursées. Elle est présentée comme l’un des arguments soutenant l’accusation d’enrichissement illicite.

3. Alpet, la cession de T-Bank et la MASAK

L’acquisition d’Alpet et le projet de rachat de Turkland Bank, détenue par des intérêts libanais et jordaniens, ont émergé parallèlement au litige pétrolier. En 2024, l’absence d’autorisation de la BDDK pour la cession de T-Bank a été rapportée.

Le lien allégué est que le régulateur aurait refusé son accord à cause de la dette contestée envers la banque russe, alors présentée comme proche de 20 milliards de livres, et de l’enquête pénale. Ces éléments auraient bloqué la vente.

L’accusation concernant la MASAK évoque une analyse financière détaillée des comptes, transferts et soupçons de blanchiment dans le cadre de l’enquête du parquet d’Istanbul. Des services de renseignement seraient également intervenus pour placer les mouvements financiers internationaux sous surveillance étroite.

4. Liens niés, actions nanties et accord de 475 millions de dollars

Zeren Holding a rejeté les accusations parues dans les médias russes. L’accusation opposée est que des relations de dette et de garantie auraient perduré malgré la rupture revendiquée avec Mostrade.

Mustafa Yiğit Zeren aurait nanti 75 % des actions de Zeren Metal et garanti personnellement la dette tout en affirmant avoir quitté Mostrade. Les accusateurs soutiennent que ces engagements contredisent les démentis du groupe.

Le récit d’une visite au siège d’Istanbul affirme que de hauts dirigeants de la banque russe et son directeur Nikolay Katorzhnov se seraient présentés pour recouvrer la créance. Lors de la confrontation, Rıdvan Zeren aurait dû signer un engagement manuscrit de remboursement de 475 millions de dollars, en présence du directeur du groupe Yusuf Yatkın. Ceux qui avancent cette accusation interprètent le protocole comme une reconnaissance implicite de la dette et du mécanisme frauduleux qu’ils dénoncent.

5. Mustafa Doğan İnal accusé de collaboration secrète et de trahison de ses clients

Le volet consacré aux avocats contient de graves accusations contre Mustafa Doğan İnal, associé fondateur de Lexist. Il aurait été chargé de défendre la partie russe et Credit Bank of Moscow tout en collaborant secrètement avec leur adversaire, Mustafa Yiğit Zeren.

Il lui est précisément reproché d’avoir transmis à Zeren Holding les stratégies juridiques, démarches prévues et tactiques des créanciers pendant qu’il représentait les sociétés russes et la banque. Au lieu de défendre ses clients, il aurait contribué à un réseau de protection destiné à soustraire Zeren aux enquêtes pénales turques et à ralentir les procédures.

Le rôle qui lui est imputé dépasse une simple médiation commerciale. Les accusations englobent la communication à l’adversaire de stratégies de recouvrement et de contentieux, le manquement à la loyauté envers ses clients et l’orientation des procédures judiciaires.

La fin de sa longue relation d’avocat avec le président Recep Tayyip Erdoğan et sa famille est également reliée à ces accusations. L’explication avancée pour la séparation rapportée le 29 juillet 2025 serait son implication présumée dans des affaires contestées de fonds et de recouvrement, ainsi que sa collaboration avec Zeren contre ses clients russes. La rupture a été rapportée ; cette explication reste une composante des accusations.

6. Arrestation en Croatie et échange présumé avec le capitaine Marko Bekavac

L’arrestation de Mustafa Yiğit Zeren à Zadar, après son arrivée en jet privé en juillet 2025 sur demande de recherche russe, a mis en lumière la dimension judiciaire internationale. Il aurait vécu un temps à l’écart en raison d’une notice rouge, puis évité une possible extradition vers la Russie grâce à des interventions diplomatiques.

L’autre figure de l’échange allégué est le capitaine croate Marko Bekavac, poursuivi en Türkiye après la découverte de 137 kilogrammes de cocaïne sur le Phoenician M au port d’Ereğli. Il est rentré dans son pays après sa libération dans un dossier où il avait été condamné à 30 ans et où un recours était en cours. Zeren a lui aussi été libéré par un tribunal croate avant de rentrer en Türkiye.

L’accusation est que les deux libérations auraient constitué les éléments d’un marché entre Türkiye et Croatie. Un réseau d’influence auquel İnal aurait appartenu aurait pesé sur les procédures d’entraide judiciaire, organisé l’échange et permis à Zeren de rentrer en Türkiye plutôt que d’être envoyé en Russie.

7. Blocage et suppression présumés de centaines de publications

Le dernier volet concerne une campagne alléguée de censure destinée à empêcher la diffusion publique des accusations. Mustafa Yiğit Zeren et des personnes qui auraient agi avec lui auraient ciblé les articles sur la créance pétrolière, la MASAK, le rôle d’İnal et la procédure croate.

Selon cette version, des décisions de juges de paix pénaux auraient entraîné le blocage ou le retrait de sites d’information, publications sur X et chroniques. Ces décisions auraient été utilisées systématiquement pour rendre invisibles des relations contestées et des mouvements financiers.

L’accusation évoque le retrait de plus de 200 liens d’articles, vidéos et autres contenus. Ceux qui la formulent dénoncent l’utilisation de décisions judiciaires pour blanchir des réputations et entraver l’accès du public à l’information.

La réponse de Zeren Group

Zeren Group rejette les accusations. Son communiqué de juillet 2024 affirmait qu’aucune plainte pénale, interdiction de sortie du territoire ou autre mesure ne lui avait été notifiée à cette date et niait toute violation des sanctions. Dans sa réponse à BIRN en 2026, le groupe niait aussi avoir signé, lui-même ou par Mustafa Yiğit Zeren, un contrat de crédit avec Credit Bank of Moscow.

Documents sources

08
  1. Sözcü — source 1sozcu.com.tr
  2. Halk TV / Odatv — source 2halktv.com.tr
  3. BIRN — source 3digitalnaimovina.birn.me
  4. Zeren Group statement reproduced by Matriks / TradingView, July 2024 — source 4tr.tradingview.com
  5. Lexist — source 5lexist.com.tr
  6. Cumhuriyet — source 6cumhuriyet.com.tr
  7. Croatian presidency — source 7predsjednik.hr
  8. Index.hr — source 8index.hr

Mises à jour du dossier

  1. Première publication

    Dossier publié

Note de la rédaction

Présomption d’innocence : les accusations de cet article sont des allégations. Toute personne est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision définitive d’une juridiction compétente. Cet article n’établit aucune culpabilité pénale définitive des personnes ou organisations citées. Les accusations de collaboration secrète d’İnal et d’organisation d’un échange, de transferts de fonds, de protocoles, d’examen MASAK et le chiffre de plus de 200 contenus n’ont pas été vérifiés indépendamment. Réponses et rectifications sont les bienvenues.

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